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Ce vendredi : CHAUVE & COOL soup party
Posted by: cheveuxblonds on 27 Mar ()
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Gone with the weed

On a fait une playlist pour gonewiththeweed.wordpress.com. Elle aborde la question du post punk triste, de la coldwave joyeuse et d’un certain rockabilly non-identifié.
Posted by: cheveuxblonds on 22 Jan ()
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Le Meadow Gazing

Deux sages à crête rousse contemplant une plage flamande
Ce qui est bien avec la Flandre c’est que c’est plat. Et ce qui est bien avec le plat pays c’est qu’on peut voir loin, si bien qu’au milieu de cette platitude, l’œil s’attache tout naturellement aux détails nombreux qui viennent rehausser le panorama.
Idéalement les plaines et les plages du nord se contemplent sous un soleil rasant, qui amplifie, structure, et singularise d’avantage tous ces petits échos visuels imprimés sur l’infini de l’horizon.
Pour accompagner la rêverie des promeneurs solitaires des plaines du nord et de la Belgique, nous soumettons en toute modestie aux stakhanovistes des genres musicaux une nouvelle dénomination de style qui s’intitule le meadow gazing.
Par principe, le morceau de meadow gazing est constitué d’une base monolithique qui symbolise l’horizon - un unique accord, un gimmick répété de façon lancinante, ou les deux – sur laquelle viennent valser quelques variations accrocheuses. Skylight de Jacky O’ Mother Fucker en est une bonne illustration : un bon gros mi majeur saupoudré de saturations et de wah-wah.
On trouvera par ailleurs un ancrage solide avec le beach gazing par le biais de morceaux tel que The Lonely Smurfer de Johnny Hawaïï.
Et oui, le spectre du meadow gazing est large et s’adapte aux circonstances de la promenade : aux commandes d’un bolide motorisé écoutez la Jam of The Witches des Warlocks ou out Of The Eye de Woods, et s’il fait humide, que la progression est entravé par des marais boueux, et que la plaine fume un épais brouillard, passez vous plutôt Sleepy Silver Door de Dead Meadow.
Posted by: burglekutt on 20 Nov with 6 notes ()
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The Troopers & Dicky and the Tinklers & Steve Treatment

Punk land.Ce qu’il y a d’irritant avec le punk, c’est l’utopie - forcément inatteinte - d’un style musicale qui avait pour programme d’être purement un état d’esprit, quel que soit la virtuosité et les sonorités de ses musiciens. Cette idée magnifique que l’amateurisme de ces non-musiciens arriverait à déblayer deux millénaires de maniérismes musicale. En quelque sorte, un premier territoire musicale libre, pays en expansion, qui accueillerait les habitants de tout les styles musicaux à condition qu’ils prêtent serment, la main posée sur la charte “be punk and do it yourself”.
Ça aurait pu être grand comme l’empire Mongole, accueillir les teintes de chaque région du monde, et annexer au passage l’entièreté du spectre musicale de la polka au jazz. Mais 40 ans après, on peut faire ce constat un peu amère : il s’agit du style musical le plus répétitif du monde, Punk land est aussi grand et varié que le Luxembourg. Vous pourrez essayer en vain d’explorer les confins du pays, vous buterez forcément sur cette impression de déjà-vu.
Pourtant, quelques morceaux de punk un peu simplets et basiques nous laissent ce pressentiment étrange: le punk de qualité ne se cacherait pas comme prévu dans les recoins exotiques et reculés du pays mais peut être dans son terroir initial. Trois morceaux qu’on jurerait avoir mille fois entendu et qui mériteraient franchement le label Punk Traditionnel AOC.
ps : On dirait que cette tradition du punk DIY un peu simplet connait son apogée à Londres entre les deux vagues punk autour de 1980. Malheureusement les deux premiers groupes n’ont produits que quelques rares morceaux. Steve Treatment a une mignonne discographie qui s’écoute très bien ( ici )
Posted by: cheveuxblonds on 11 Nov ()
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Repo Man

Télécharger un film c’est avant tout accepter un risque majeur : celui de tomber sur un film X subtilement camouflé sous un nom identique, ou pire, un film de série Z dont la trame réunit un punk recouvreur de dettes et des extraterrestres morts menaçant l’humanité.
Parfois, le désoeuvrement pousse à quand même regarder ce film.
Repo Man (1984) est un de ces films qui trouve son salut dans sa bande-son. L’illustration musicale classique du genre étant le punk, on n’est pas surpris par trente minutes d’Iggy Pop, Suicidal Tendencies, Black Flag… Puis soudain, une reprise de Pablo Picasso par Burning Sensations fait trembler les poils de l’oreille anesthésiée du spectateur. L’ambiance sonore vire alors en un folk - funk du troisième type qui semble être la réalisation des prédictions musicales de Kim Fowley dans l’album Snake Document Masquerade où chaque chanson était une des années de la décennie 80.
Certains musiciens apparaissent dans le film :
- Zander Schloss (“Kevin the Nerd”), guitariste de Juicy Bananas
- The Circle Jerks
Tout au long du film, la surf mexicaine des Plugz ponctue l’action qui atteint son apogée sur un excellent slow Cowboys contre Aliens (“Reel Ten”).
Posted by: ilaunemoumoute on 24 Oct with 12 notes ()
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Illustration Musicale

Guy Debord aurait pu nous prévenir, l’aliénante société du spectacle sera sonore avant d’être visuelle.
Illustration musicale : Banques de musiques, vendues à bas prix pour illustrer les émissions et documentaires ne pouvant s’offrir la commande particulière d’un compositeur.
Le concept fait froid dans le dos et son résultat sonore est à sa hauteur : infâme. Autant vous dire que le post qui suit ouvre une boîte de pandore musicale. Mais bref, ce sont les années 70 qui voient déferler ces chimères musicales sur le monde. La télé se privatise à l’époque, les petites chaînes se multiplient et c’est probablement cette boulimie d’émissions de seconde classe qui offre un nid confortable à la naissance de ce style musical en France.
Par définition pré-produites avant les émissions, ces musiques ne sont même pas la volonté de dialoguer ou de rentrer en écho d’une narration comme pourrait le faire un compositeur pour le cinéma. Elles tentent d’illustrer purement, un par un, les leitmotivs de la narration télévisuelle : ses émotions stéréotypées - la joie, la peur, l’effroi, la folie - ou ses décors fétiches : le far west, la jungle, l’espace intersidéral. La musique signe ici un pacte avec le diable : celui de s’adouber à l’image télévisuelle et d’assurer, par le biais d’une boîte à outils de morceaux pré-fabriqués, que le téléspectateur a bien compris le message à chaque instant de l’émission.
Le concept semblait bien ficelé, aucune créativité n’était sensée en sortir. Et pourtant, quelques morceaux s’échappent de cet enfer musical, comme si certains musiciens tiraient parti de ce rôle aliénant, se libéraient d’autant plus que leur plaine de jeu est exigüe. Mais encore, vous faudra-t-il offrir à ces rescapés quelques écoutes avant de pouvoir apprécier - bien cachés sous le far du mauvais goût télévisuel - une fine mélodie, une ligne de basse bien arrangée ou un rythme inattendu.1. Le morceau Journey se cache d’ailleurs derrière quelques écoutes fastidieuses.
2. Galactic DJ de J.L Bucchi pourrait illustrer avec goût une soirée à bord du Starship Enterprise.
3. Perle offerte par le bassiste Sauveur Mallia parmi ces collaborations avec le label d’illustration musicale TéléMusic (dont le très bon album “Cosmosynthetic que vous trouverez ici)
4. Roland Bocquet, tête et clavier de Catharsis, offre ce morceau aux décors spatiaux, trouvé au milieu de l’album Robot Rose (ici)
5. / 6. Pierre Dutour, Raymond Guiot et Guy Pedersen : Si les premiers morceaux abordent une illustration musicale très électronique, un pan entier de la scène est issu de musiciens et arrangeurs de formation plus classique ou jazz, et qui composent des morceaux multi-instrumentaux beaucoup plus produits.
7. En 1979, l’océanographe Jürgen Müller, embarque quelques synthétiseurs sur son bateau et enregistre un album en vue d’illustrer les documentaires sous-marins. L’album pressé à cent exemplaires est magnifiquement abyssale, et l’histoire est tellement belle que certains soupçonnent un hoax. (L’album et le débat qui va autour sont ici)
8. 100% de risques : Je termine avec ce morceau franchement inécoutable et qui malheureusement incarne purement le concept d’illustration musicale : tellement cliché que vous pouvez prévoir chaque mesure rien qu’en lisant son titre.ps : La relation qu’entretient l’illustration musicale avec l’image visuelle est tout aussi affreuse que la relation qu’entretiennent les clichés des banques d’images avec la presse. La preuve sur awkwardstockphotos.com
On notera d’ailleurs que Getty Image, mastodonte des banques d’images web, se lance dans l’illustration musicale avec une centaine de milliers de morceaux. Je vous conseille de ne jamais y écouter leurs morceaux illustrant la mort par accident de voiture, ni ceux illustrant l’espoir .
Posted by: cheveuxblonds on 14 Oct with 6 notes ()
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J.J. Cale & Waylon Jennings

En 1972, à Nashville, la country honky tonk est en plein marasme, vingt ans de capitalisme musical ont transformé le genre en une soussoupe pop.
Le salut vient alors - comme toujours - du cowboy solitaire arrivant sur son cheval. Sauf que cette fois, c’est de deux cowboys solitaires dont il s’agit :
- Waylon Jennings, le “cowboy outlaw”, prêche le retour aux sources avec un son plus brut et moins produit, qui tend même vers du Elvis psychédélique.
- J.J. Cale, en tournée dans les saloons de la ville, cristallise sans le savoir cette volonté de renaissance. Notamment avec “Anyway the wind blows”, morceau pour danser et pour boire qui fait échos aux paroles de l’un des maitres du genre, Bob Wills ; “un peu de ceci, et un peu de cela, un peu du noir et un peu du blanc… juste assez fort pour vous garder de penser trop et d’aller commander un whiskey”
Posted by: ilaunemoumoute on 27 Sep with 16 notes ()
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Bruce Haack, Joop Stokkermans, Michel Legrand

A l’approche de la trentaine, les amateurs de musique prennent conscience que chaque jour qui passe est un peu moins rock’n’roll que le précédent, alors ils se reproduisent dans l’espoir de faire naître des enfants typés rock qui seront leur caution quand eux glisseront progressivement vers l’inéluctable ringardise.
Or si aucune mesure ne donne l’assurance totale que le jeune calvidé développera les dons attendus, des solutions existent pour déléguer une partie de l’éducation auditive de ses enfants.
L’objet de ce post est donc l’ultime album « Electronic Music for Children » de Bruce Haack.Quelques exemples historiques et réussis musicalement sont la musique de Michel Legrand pour « il était une fois » ou celle de Joop Stokkermans pour Barbapapa. Mais rien ne justifie un usage aussi répétitif que celui que j’ai constaté pour ce dernier exemple.
L’album “Electronic Music for Children” (à complémenter avec « the Way-Out Record for Children ») est nécessaire pour plusieurs raisons. Cette œuvre, de 1968, est composée de leçons, de petites histoires et comptines sur des airs électroniques réellement excellents. Il permet donc d’éduquer ses enfants : enseignement du chant, de la danse… (Il constitue d’ailleurs l’épilogue d’une longue collaboration avec Nancy Wilson, professeur de chant, durant laquelle ils enregistrent des albums d’éducation musicale des enfants). Il permettra même d’illusionner les proches avec le mirage d’un quotidien rock’n’roll.Une posologie soutenue de cet album devrait pouvoir donner de bons résultats ; néanmoins Chauvisme ne saurait être tenu pour responsable d’éventuels effets secondaires non désirés.
Posted by: ilaunemoumoute on 5 Sep with 3 notes ()
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Amanda & Gregor Schnitzler

Des enfants typés rock (tiré d’un très bon Purpose sur l’enfance)Ce qui est vraiment génial avec les enfants, c’est que leur présence au sein d’une anecdote suffit à en déduire tout un tas de morales pré-fabriquées, bien utiles pour écrire rapidement un post. ” Les enfants ont le rock dans le sang … Au fond, le rock c’est la musique à son état le plus pur etc.“
On ne s’étendra pas plus sur les leçons à tirer mais voici les deux anecdotes.
1. En 1987, Amanda, 9 ans et son frère Joseph de 15 ans enregistrent une série d’albums sur cassettes. Toute l’hyper-activité des deux gosses est posée brut de décoffrage sur un assemblage de tubes pop mal samplés. Vous y entendrez pêle mêle leur haine de l’école et l’histoire d’Hadoobi, l’Indien incontinent. L’album est dans la même veine, génial mais inécoutable en entier (on le trouve ici). Comme rien n’arrive par hasard, Joseph rencontre, 20 ans après, le dantesque R. Steevie Moore avec qui il diffuse une partie des cassettes (et ce dernier reprendra Squaw Hootnanny sur un de ses 400 albums)
2. En 1981, Gregor (basse et vocoder) encore adolescent, enregistre avec son papa Conrad (synthétiser) un vinyl assez dingue pour leur famille. Le morceau est une bonne perle de minimal wave, et partage avec Amanda ces improvisations vocales virulentes. L’album est dans son ensemble assez cool et écoutable ici. L’histoire est un peu moins le fruit du hasard que la précédente : le papa, Conrad Schnitzler, se trouve être le tiers de Tangerine Dream et de Kluster et est mort il a quelques jours.
Posted by: cheveuxblonds on 12 Aug with 1 note ()
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Batcave Masters - Live au Chateau des Pruniers

Les 8 et 9 Juillet, nous étions aux Chateaux des Pruniers pour l’exposition organisée par Artystreet. Nous en avons ramené deux enregistrements du concert des horribles Batcave Masters.
Batcave Masters est un groupe irréel composé de créatures chimèriques : humaines pour la musique, et têtes et corps de monstres de cinéma. Seules trois étaient là ce week-end pour cette obscure invocation qui avait lieu dans le vieux pigeonnier du chateau.
Leur musique, sorte de new wave squelettique envoûtante, doit être écoutée en boucle à la manière de leur lives.
Posted by: ilaunemoumoute on 3 Aug ()
Source: CHAUVISME_Batcave_Masters
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Posted by: cheveuxblonds on 13 Jul ()
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Johnny Cash, Monks, Bowie

La conquête de l’Est
Il y a quelques jours, Chauvisme rendait hommage aux maquisards de la surf-musique américaine. De manière inverse, dans sa conquête de l’Est, l’Amérique a perdu d’innombrables colons. Citons quelques exemples choisis dans la période après-guerre en Allemagne.
Dans les années 50, Johnny Cash s’engage dans l’Air Force. Il décode des messages en morse dans une base en Bavière. Une dizaine d’années après son retour aux USA, il traduit certaines de ses chansons en allemand : « I walk the line » devient « Wer kennt den Weg », version nostalgique de l’originale avec de profonds accompagnements de voix.
D’autres, comme les Monks, restent, se tondent et fondent un rock ennemi à leurs propres causes : paroles anti-guerres, haine des beatles.
Plus tard, ce sont les grandes icônes en personne, comme les Rollings Stones, les Beatles ou Bowie, qui tentent de conquérir l’Allemagne en chantant certains tubes en allemand.
Posted by: ilaunemoumoute on 11 Jul with 5 notes ()
Source: chauvisme_cash_bowie_monks
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Квартет Электрон & Takeshi Terauchi & 銀石吉他樂隊

On ne comprendra jamais très bien pourquoi le mouvement surf rock américain - assez renfermé sur sa culture white/surf/décapotable - arrivera à s’exporter de par le monde, là ou il n’y a ni blanc, ni vague ni vacances en Cadillac.
Enfin bref, à partir de 1963-1964, le rouleau compresseur surf rock est en route et la recette des Ventures est copiée au pied de la lettre aux quatre coins du monde : batterie 4/4, reverb de l’ampli Fender à fond et tempo rapide calé à 110 bpm.
On pourrait être pessimiste et n’y voir que la naissance d’une mondialisation musicale écrasant toute aspérité locale, mais heureusement quelques perles osent légèrement sortir du moule :
1. En URSS, Квартет Электрон (Quartet Elektron) semble passer au travers des mailles de la censure soviétique grâce à des morceaux dont la guitare rappelle sans cesse une balalaïka.
2. Au Japon, Takeshi Terauchi and the Blue Jeans transcende le surf rock avec trois idées de génie. Jouer la guitare à la façon d’un shamisen, utiliser des constructions de morceaux un peu moins plates en s’inspirant de musiques folkloriques japonaises et surtout, jouer encore deux fois plus vite que les Ventures.
3. 銀石吉他樂隊 offrent des morceaux moins osés mais dont on appréciera l’exotisme et les miaulements des chanteuses.
Les deux premiers morceaux font parties d’albums assez cools que vous trouverez par là-bas : ici et ici
Posted by: cheveuxblonds on 6 Jul with 1 note ()
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Frank Proffitt & Graham Davies & The Gospelfolk

La guitare ou la bibleIl y a quelques posts de cela, on commençait à poser la question de l’improbable cohabitation entre religion et les musiques rock. Le cocktail, sur fond de je t’aime moi non plus, s’incarne radicalement dans ce style suspect : le christian rock.
Quelques pistes pour tenter d’expliquer l’improbable :
1. Tout d’abord, l’arbre généalogique du rock’n’roll ( maman blues, grand papa folk etc. ) baigne dans un christianisme américain plutôt ouvert aux réappropriations musicales populaires. Exemple des 30’s parmi tant d’autres : Satan, Your Kingdom Must Come Down - petit chant folk simple et contenu mais dans lequel on croit déjà entendre les voix rock qui feront fureur 30 ans plus tard.
2. Le christian rock s’affirme comme courant à part entière dans le début des années 70 au travers d’une myriade de communautés, de labels et de groupes. Parmi eux, Graham Davies, figure un peu méconnue, nous livre la quintessence du christian rock : la même acoustique que l’église au coin de ta rue, des paroles tout droit tirées d’un manuel de deuxième année de catéchisme. Et pourtant, on devra bien se l’avouer un jour, le disque mérite sa place dans l’étagère, juste à droite de “Sympathy for the Devil”.
3. Cependant, si on sait bien qualifier le christian rock de par l’appartenance religieuse de ses musiciens, on ne peut pas dire que le style soit très homogène au niveau des sonorités. Preuve en est, les Gospefolk ne sont pas du tout folk et vont gambader, bible sous le bras, du côté du Velvet et autres références plus expérimentales.
4. Et enfin, il y a ce très bon film de Peter Adair en 1966 sur une messe pentecôtiste d’une communauté un peu particulière : les Holy Ghost people. Considéré comme un des premiers cinéma-vérités et souvent comparé aux premiers Jean Rouch, le documentaire dépeint une messe suivie par des familles mais également quelques jeunes rockabilly. On y chante l’évangile sur quelques accords de guitare électrique, on y boit quelques gouttes de strychnine, on y danse, quelques personnes rentrent en transe. Le prêtre amène des serpents pour vérifier l’évangile selon Saint Marc (Chap 16: v17-18) : les personnes pures ne seront pas touchées par les serpents. Manque de chance, le prêtre se fait mordre à la fin du film. On tirera la morale que l’on voudra de l’issue du film, toujours est il que l’on en sort avec cet étrange impression : la forme générale de cette messe présage étrangement l’ambiance que connaitra Woodstock … trois ans plus tard.
Posted by: cheveuxblonds on 24 Jun with 8 notes ()
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Gainsbourg, Air, Flotation Toy Warning, SPECTRUM, & War on Drugs

Nique Ta Mère
Ce n’est pas tant le personnage de Freud, qui était notoirement méfiant à l’endroit de la musique, qu’une de ses paroles prononcée à l’égard de Nietzsche, qui inspire ce billet : “mes tentations occasionnelles de lire [Nietzsche] ont été étouffées par un excès d’intérêt”.
Cet aveu, qui fleure bon l’hypocrisie dans la bouche de Freud (le papa de la psychanalyse cherchant à se défendre d’avoir été influencé par ses lectures philosophiques), peut sembler paradoxal une fois sorti de son contexte : à quoi bon résister à ce qui suscite notre intérêt? Par excès d’intérêt?
Pourquoi pas. J’ai le sentiment qu’il y va de la sorte, par exemple, avec certains albums références, sur lesquels je vais marquer un temps d’arrêt lorsque je fais un petit tour dans ma discothèque, sans toutefois céder à la tentation de les écouter pour la énième fois. Cela sans doute pour plusieurs raisons : le poids du principe moral selon lequel « céder à la tentation c’est moche, c’est le serpent qui corrompt», et aussi, par souci d’économie, c’est-à-dire par peur de prendre le risque de se lasser, un jour peut-être, de cette perle musicale tellement importante.
Face à cet excès d’intérêt, il serait possible d’adopter le régime draconien de Nicolas Godin de Air, qui se limite à une écoute de Melody Nelson par an. À entendre l’album Virgin Suicide, on comprend que se lasser de la référence reviendrait pratiquement pour lui à s’ennuyer de ses propres productions.
Ici, j’essaye de me soigner en direct live et de renouveler le plaisir de la tentation, en proposant quelques exemples tirés d’albums, dont j’aimerais pouvoir ne pas me lasser trop tôt. Un post tout plein d’égocentrisme donc, qui ne devrait cependant pas vous détourner d’une écoute attentive de « Bluffer’s Guide To The Flight Deck» l’unique album jusqu’à aujourd’hui de Flotation Toy Warning, de « Soul Kiss (Glide Divine) » par SPECTRUM, et de « Wagonwheel Blues » par War on Drugs.
Posted by: burglekutt on 16 Jun with 7 notes ()


